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L'Islande avec un petit budget : deux semaines pour moins de 1 800 €

L'Islande avec un petit budget : deux semaines pour moins de 1 800 €

Le mythe et la réalité

La réputation de l’Islande en tant que destination chère n’est pas entièrement fausse. Une chambre d’hôtel à Reykjavik en juillet coûte environ 25 000–45 000 ISK (160–290 €) par nuit. Un repas au restaurant dans le centre-ville avoisine 3 500–5 500 ISK (22–35 €) le plat principal. Un cocktail dans un bar sur Laugavegur coûte 2 200–2 800 ISK (14–18 €). Si vous voyagez comme vous le feriez dans une ville européenne chère ordinaire — chambre d’hôtel, repas au restaurant trois fois par jour, taxis — l’Islande sera pénalisante.

Mais il existe une autre façon de voyager ici, qui ne nécessite pas de sacrifier les expériences qui font que l’Islande vaut la peine d’être visitée. Ce qu’elle requiert, c’est de cuisiner soi-même, de rester dans des auberges ou de camper, de conduire plutôt que de payer pour des excursions guidées, et de prioriser les attractions payantes plutôt que de les faire toutes impulsivement.

Ces chiffres proviennent d’un voyage effectué en février 2020, juste avant que la pandémie ne perturbe tout. Les prix en Islande ont augmenté depuis lors — le taux ISK/EUR a évolué, et les coûts d’hébergement post-pandémie sont généralement plus élevés. Ajustez à la hausse de 15–20% pour les conditions actuelles, mais l’approche structurelle reste valable.

Les trois grands : y aller, se déplacer, dormir

Vols : J’ai volé de Berlin Schönefeld à Keflavík avec Wizz Air pour 108 € l’aller-retour, réservé huit semaines à l’avance. Icelandair et easyJet proposent régulièrement des allers-retours depuis Londres à 120–180 £ quand réservés tôt. Le vol prend trois heures depuis la majeure partie de l’Europe du Nord. La clé est de réserver quand les ventes apparaissent, pas quand on a décidé de partir.

Location de voiture : C’était la décision la plus importante. Une petite voiture 2 roues motrices chez SADcars (une société de location islandaise à petit prix qui utilise des véhicules plus anciens) m’a coûté 38 000 ISK (240 €) pour 14 jours, avec une assurance responsabilité civile de base. J’ai ajouté la protection pare-brise pour 6 000 ISK (38 €) — essentielle pour les routes de gravier de la côte sud. Total : 278 € pour deux semaines de mobilité illimitée.

Sans voiture, on dépend des bus (lents, peu fréquents, chers) ou des excursions organisées. Une voiture rend tout le reste moins cher parce qu’on peut conduire jusqu’aux attractions plutôt que de payer pour y être conduit.

Hébergement : J’ai partagé les deux semaines entre maisons d’hôtes, camping, et un dortoir en auberge à Reykjavik. Le camping était la clé pour maintenir les coûts bas. En février, beaucoup des campings estivaux islandais sont fermés, mais plusieurs restent ouverts à l’année — Þórsmörk, la zone du refuge de Landmannalaugar, et quelques sites le long de la côte sud. J’ai payé entre 1 500–2 200 ISK par nuit pour le camping (10–14 €), et séjourné dans un dortoir d’auberge à Reykjavik (5 200 ISK/33 € par nuit au Kex Hostel sur Skúlagata) pendant trois nuits. Deux nuits dans une maison d’hôtes économique près de Vík m’ont coûté 14 000 ISK au total (88 €). Total hébergement pour 14 nuits : environ 230 €.

Nourriture : le levier le plus important

La nourriture est là où la plupart des voyageurs dépensent excessivement en Islande sans s’en rendre compte. Les repas au restaurant sont vraiment chers et pas nécessairement meilleurs que ce qu’on peut cuisiner soi-même.

J’ai fait mes courses chez Bónus (l’enseigne au signe jaune avec le cochon) — la chaîne discount islandaise, significativement moins chère que Krona ou 10-11. Des courses hebdomadaires standard chez Bónus pour une personne : flocons d’avoine, œufs, pâtes, poisson en conserve (Íslenskar síldarbitar en sauce tomate, 250 ISK la boîte), pain, fromage, skyr, pommes, café soluble. Environ 6 500–7 000 ISK par semaine (40–45 €). Je cuisinais sur un réchaud de camping un brûleur.

J’ai mangé au restaurant trois fois : soupe de langoustines chez Pakkhús à Höfn (3 500 ISK/22 €, valait chaque couronne), une soupe d’agneau au bar de Fosshotel à Núpar (2 200 ISK/14 € au déjeuner), et un hot dog chez Bæjarins Beztu Pylsur à Reykjavik (480 ISK/3 €). C’est tout pour les repas au restaurant sur deux semaines.

Le stand de hot dogs Bæjarins Beztu sur Tryggvagata à Reykjavik est vraiment l’un des meilleurs repas rapides en Islande. Un hot dog coûte 480 ISK avec les garnitures classiques (ketchup, moutarde douce, remoulade, oignon cru et frit). Ce n’est pas un piège à touristes — c’est ce que les habitants de Reykjavik mangent au déjeuner.

Total nourriture pour deux semaines : environ 170 € (courses + trois repas au restaurant).

Activités gratuites et peu coûteuses

La chose la plus importante à comprendre sur les attractions islandaises, c’est que la plupart des vraiment extraordinaires sont gratuites.

Gratuit : Cascade de Seljalandsfoss (1 000 ISK de frais de stationnement, mais la cascade elle-même ne coûte rien), Skógafoss, Goðafoss, plage de sable noir Reynisfjara, arche Dyrhólaey, vues depuis le rivage du lagon glaciaire Jökulsárlón, Diamond Beach, toutes les randonnées du parc national, Þingvellir, les champs de lave et fumerolles de la péninsule de Reykjanes.

Peu coûteux : Bains Naturels de Mývatn (4 500 ISK/28 € — beaucoup moins cher que le Blue Lagoon), cratère volcanique de Kerið (700 ISK/4 €), piscines publiques à Reykjavik (1 050 ISK/7 € pour Laugardalslaug).

À sauter si le budget est serré : Blue Lagoon (9 000–15 000 ISK/56–95 € selon le forfait), randonnées glaciaires guidées (9 000–18 000 ISK/56–113 € par personne), observation des baleines (7 500–11 000 ISK/47–69 €). Ce sont toutes d’excellentes expériences, mais elles ne sont pas nécessaires pour un voyage profond.

J’ai passé une journée à faire l’itinéraire du Cercle d’Or de façon autonome — Þingvellir, Geysir/Strokkur, Gullfoss — avec ma voiture de location. Coût total : carburant (déjà inclus dans le budget de conduite) et les 700 ISK d’entrée au cratère de Kerið. La zone de geysirs est gratuite. Gullfoss est gratuit.

Si vous n’avez pas de voiture, une excursion d’une journée au Cercle d’Or est l’une des rares excursions guidées qui justifie vraiment le coût — vous couvrez trois sites majeurs et la logistique est gérée. Les prix commencent à environ 8 000–9 000 ISK (50–57 €).

Le détail complet du budget

Voici le total honnête pour 14 jours, voyageur solo :

  • Vols (Berlin-Keflavík aller-retour) : 108 €
  • Location de voiture + assurance : 278 €
  • Carburant (2 800 km de conduite total) : 145 €
  • Hébergement (14 nuits) : 230 €
  • Nourriture et boissons : 170 €
  • Attractions payantes (Bains de Mývatn, Kerið, un musée à Reykjavik) : 48 €
  • Ferrys/stationnement : 22 €
  • Divers : 37 €

Total : 1 038 €

Un couple voyageant ensemble peut partager la voiture et la plupart des frais d’hébergement. Pour deux personnes, le total descend à environ 700–750 € chacun selon le niveau de cuisine vs repas en restaurant. Le chiffre de 1 800 € dans le titre est une estimation confortable à deux personnes qui permet un hébergement légèrement meilleur et quelques repas de restaurant en plus.

Ce que je n’ai pas fait mais que font la plupart des gens

Je ne suis pas allé au Blue Lagoon. Je n’ai pas réservé de randonnée glaciaire. Je n’ai pas fait d’observation des baleines. Ce sont tous des choix défendables d’un point de vue budgétaire, et je ne les regrette pas. Le glacier à Skaftafell peut être admiré de près depuis la rive gratuitement, et bien que marcher dessus nécessite équipement et guide, l’expérience visuelle est significative sans cela. Le Secret Lagoon à Flúðir est un bon substitut au Blue Lagoon à 3 500 ISK (22 €) contre 9 000–15 000 ISK.

Pour un bilan approfondi de là où les coûts atterrissent vraiment en Islande, le guide de l’Islande avec un petit budget a les chiffres actuels et le guide des supermarchés liste les prix par enseigne. Le guide des choses gratuites à faire est aussi vraiment complet.

Se déplacer sans voiture

Une voiture est l’outil le plus efficace pour l’Islande économique, mais tout le monde ne peut pas ou ne veut pas conduire. Les alternatives :

Bus publics Strætó : L’Islande a un réseau raisonnable de bus publics reliant Reykjavik aux grandes villes et le long de la route circulaire. Le Bus Passport (l’option multi-jours de Strætó) coûte 21 900 ISK (138 €) pour un circuit complet de la route circulaire. Le problème : les bus sont peu fréquents (certains itinéraires ne roulent qu’une fois par jour), ne desservent pas les petites destinations, et ne vous emmèneront pas sur les routes vers les cascades ou les sites isolés. Comptez beaucoup de temps pour les correspondances.

Bus des Highlands : Reykjavik Excursions propose des bus saisonniers des Highlands jusqu’à Landmannalaugar, Þórsmörk et l’itinéraire de Kjölur. Ils sont vraiment utiles pour accéder à des zones que les bus ne desservent pas autrement. Les prix vont de 6 000–14 000 ISK (38–88 €) en sens unique selon la destination.

Excursions organisées d’une journée depuis Reykjavik : Pour des sites spécifiques (Cercle d’Or, côte sud, Snæfellsnes), les excursions organisées d’une journée depuis Reykjavik peuvent être étonnamment économiques par rapport à la location d’une voiture pour une journée. Les prix commencent à environ 8 500 ISK (53 €) par personne pour le Cercle d’Or. Pour deux personnes, une location de voiture avec carburant est moins chère ; pour un voyageur solo, l’excursion est souvent proche du seuil de rentabilité ou moins chère.

Auto-stop : Pratique en été, moins en hiver. L’Islande a une culture active de l’auto-stop, particulièrement sur la route circulaire principale entre les sites touristiques. Un pouce et de la patience vous mèneront entre la plupart des arrêts majeurs de la côte sud de juin à août.

Le camping : la version honnête

Le réseau de campings islandais est vrai et bien entretenu, mais février n’est pas la saison idéale pour camper. Quand j’ai fait ce voyage en février 2020, je campais principalement dans des sites à l’année qui avaient des blocs de toilettes chauffés — essentiels quand les températures descendent à -5°C. Le camping sauvage est techniquement légal en Islande (en vertu de la Loi islandaise sur l’accès à la nature) mais en hiver les aspects pratiques de trouver un site abrité approprié, gérer la condensation dans une tente, et faire face aux tempêtes potentielles en font un défi pour quiconque n’a pas d’expérience sérieuse du camping par grand froid.

Les gains budgétaires du camping sont réels et significatifs en été et mi-saison. En hiver, le compromis est de trouver des maisons d’hôtes économiques dans les petites villes (souvent 10 000–14 000 ISK/63–88 € par chambre en février) plutôt que d’essayer de camper dans des conditions qui nécessitent un équipement de niveau expédition.

L’Islande n’est pas bon marché. Mais il est possible de le faire sans dépenser le montant que les blogs de voyage citent souvent comme minimum. La clé est de le traiter comme des vacances de camping/road trip plutôt que comme un séjour city-break en hôtel — et d’accepter que cuisiner des pâtes sur un réchaud de camping dans une aire de gravier près de Vík, avec l’Atlantique visible à travers le pare-brise, est en fait un très bon dîner.